Nouvèl FOKAL

mercredi 2 février 2011

Projet VDF : Quand les jeunes du club de Cote-Plage débattent dictature et démocratie…

 Au cours de la visite du coordonnateur du projet, samedi 29 janvier, au club VDF de Cote-plage, membre du réseau, les jeunes ont fait la démonstration par le débat des difficultés pour leur génération d’appréhender les défis et les enjeux de l’instauration de la démocratie en Haïti.  Atteignant à peine, pour la plupart, l’âge de la majorité, ces 20 jeunes présents à la réunion, dont une majorité de filles, ont effectué 2 débats, passionnés, passionnants, mais empreints parfois d’une certaine candeur, autour de la question de la dictature duvaliériste.


La réunion a démarré par l’exposé de 5 minutes d’un jeune, aspirant à devenir plus tard un avocat militant, sur la signification du retour de Jean-Claude Duvalier pour lui. Il a tenté une définition de cette dictature qu’il qualifie d’autocratique, voire monarchique même, puis a rappelé les crimes et atrocités commis sous la dictature, enfin a mis l’emphase sur les droits civiques bafoués et les libertés civiles interdites.


Ensuite ce jeune a eu à subir les questions de ses camarades dont certains voulurent soutenir la comparaison avec la démocratie populaire et anarchique qu’Haïti subit depuis 20 ans, au point de vouloir une dictature forte pour lutter contre l’anarchie rampante. D’autres voulurent savoir comment les victimes peuvent obtenir justice et réparation, même si, selon une phrase de l’ex-président Nelson Mandela citée par l’un d’eux, « on est libre lorsqu’on apprend à pardonner ».


S’ensuivit après ce débat libre d’une quarantaine de minutes un match d’exhibition de débat, plus formel celui-là, entre deux équipes de 2 jeunes, autour de la résolution suivante : La démocratie est la meilleure forme de gouvernement pour Haïti.
 
L’équipe s’opposant à cette résolution argue que la démocratie haïtienne ressemble plus à « un concours de popularité », que la plupart des dirigeants n’ont pas les compétences d’un réel leader, que notre démocratie s’accommode trop de la corruption, enfin que le peuple n’est pas suffisamment mature pour exercer librement ses droits.
 
L’équipe soutenant la résolution défend la position que la démocratie, malgré ses imperfections et ses turbulences (aucun système n’est parfait, dixit une débatteuse), est le seul système qui respecte effectivement les droits humains et qui garantit les libertés civiles et politiques.


Ces débats vont se poursuivre dans ce club, les semaines à venir, et en même temps dans les 13 autres clubs du réseau durant tout le mois de février. Les thèmes seront approfondis et enrichis d’autres problématiques liées aux sujets sur la dictature, démocratie, justice et droits humains, en Haïti.
Un compte-rendu de ces débats sera fourni régulièrement dans cette page et sur le blog du projet VDF

Jean-Gérard ANIS Coordonnateur du projet Vague du futur